Garé en double-file.

Le vent soupirait dans les jupons à dentelles

De sa robe ambrée étrennée devant l’autel.

La mer était belle et la belle un peu amère,

Agitait l’ombrelle, égrenant quelques chimères.

J’imaginais sans y croire qu’elle sortirait du brouillard

Qu’elle aurait changé d’avis en dévalant le parvis…

 

Garé en double file face à l’hôtel de ville

Je fixais son nuage, priant pour un orage

Un pigeon sans voyage dans la cohue à plumes

Fixait bêtement ma cage posée comme une enclume… sur le bitume…

J’étais seul avec ma rage.

 

Le vent conspirait, ébouriffant les blaireaux

Et les cons s’tiraient pour pas louper l’apéro.

Les manifestants balançaient leur stock de riz

Sur la belle enfant et son désormais mari.

Tout tordu dans ma twingo, a deux doigts du lumbago

J’emboitais leurs pas des yeux, planté sur mes deux essieux.

 

Garé en double-file, j’imaginais ces îles

Qui voient les cons voler en rêves organisés

Paradis mercantiles où n’allaient pas mes ailes !

J’étais là et la ville klaxonnait ma poubelle… les décibels…

J’étais seul avec mon deal.

 

Le vent à l’arrêt semblait reprendre son souffle

Avant d’emporter les pinups et les pignoufs

Ensuite on a vu s’éparpiller les silhouettes…

Et l’gus invendu qui regagnait sa clayette.

Ma pomme fermait le cortège, voiture balai prise au piège

Attendant pour la tangente l’salut d’une rue adjacente…

 

Garé en double-file j’ai vu ce rade débile

Un PMU paumé où j’ai bu, diffamé

Noyé cette infamie dans l’dossier d’mes galères

Une fois l’orage enfui, sous le ciel pas très clair… j’ai r’pris la mer

Seul avec mon accalmie.

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