Le jardin d'Alice.

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Nos rêves ont la dent dure autant qu'ils ont souffert;
Si brève soit l'aventure elle nous a fait si fiers.
Aujourd'hui dans nos maisons dans nos automobiles
On gobe à fond le poison qui nous rend malhabiles.

On en a vu passer des pays des amours,
Gentiment entassé dans nos greniers, nos cours.
On a récité les routes et loué les chemins
Mais les raisons qui nous voûtent ont leur propre refrain:

C’est la chanson du temps qui passe,
Elle dit qu’il pleut comme vache qui pisse ;
J’suis l’roi des cons sur ma terrasse
Au chevet du jardin d’Alice.

Nos rêves et la brûlure effacés par le temps
Qui renvoie les blessures au passé à présent.
S'il en reste quelques traces, il faut bien qu'il en reste;
Puisque la raison nous glace et ralentit les gestes.

Drôle de chanson du temps qui passe,
Il pleut toujours comme vache qui pisse.
Tell’ment d’années sur ma terrasse
Ont fanées le jardin d’Alice.

By by armes et bagages, la vie n'est qu'un éclair
Un instant dit le sage volé à la lumière.
Les enfants de mes enfants n'ont pas peur de la nuit;
Ils s'en vont clopin-surfant pour déjouer l'ennui.

Mais la chanson du temps qui passe,
Qui dit qu’il pleut comme vache qui pisse
Les enverra sur la terrasse
A guetter le jardin d’Alice.

 

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